Théâtre « PIERRE ET MOHAMED »

PierreetmohamedVendredi 18 octobre au soir dans le cadre du Festival, la pièce de théâtre « PIERRE ET MOHAMED » sera joué au Palais des Congrès du Mans. Cette pièce écrite par Adrien Candiard rend hommage au message d’amitié, de respect et à la volonté de dialogue interreligieux de Pierre CLAVERIE, archevêque d’Alger

La pièce « PIERRE ET MOHAMED » sera interprétée par Jean-Baptiste GERMAIN et le metteur en scène et musicien Francesco AGNELLO, prix Villa de Médicis 96.

Il y a seize ans, le 1er août 1996, Mgr Pierre CLAVERIE, dominicain et évêque d’Oran, était assassiné avec Mohamed BOUCHIKHI, un jeune algérien qui le conduisait à l’évêché. La pièce rend hommage au message d’amitié, de respect et de la volonté de dialogue interreligieux de Pierre CLAVERIE, à partir de ses textes.

Un message qui n’a rien perdu de son actualité, alors que les différents intégrismes religieux se font de plus en plus violents dans le monde.

Adrien Candiard, l’auteur, a imaginé cette pièce de théâtre, d’après les homélies de Pierre Claverie et le petit carnet de son chauffeur, Mohamed.

Le texte prend la forme d’un dialogue entre l’évêque d’Oran et son chauffeur musulman. Pierre Claverie, issu d’une famille présente en Algérie depuis quatre générations, est né à Alger, dans le quartier de Bab el Oued, le 8 mai 1938. En 1958, il entre dans l’Ordre dominicain. Après l’indépendance, il choisit de retourner en Algérie. Il est nommé évêque d’Oran en 1981 et ordonné par le cardinal Duval, archevêque d’Alger.

EXTRAITS DE LA PIECE :

Pierreetmohamed2« J’ai passé mon enfance dans la bulle coloniale, non qu’il y ait eu des relations entre les deux mondes, loin de là ; mais, dans mon milieu social, j’ai vécu dans une bulle, ignorant l’autre, ne rencontrant l’autre que comme faisant partie du paysage ou du décor que nous avions planté dans mon existence collective. Peut-être parce que j’ignorais l’autre ou que je niais son existence, un jour, il m’a sauté à la figure. L’émergence de l’autre, la reconnaissance de l’autre, l’ajustement à l’autre sont devenus pour moi des hantises. C’est vraisemblablement ce qui est à l’origine de ma vocation religieuse. Je me suis demandé pourquoi, durant toute mon enfance, étant chrétien – pas plus que les autres – fréquentant les églises – comme d’autres – entendant des discours sur l’amour du prochain, jamais je n’avais entendu dire que l’Arabe était mon prochain. Je me suis dit : désormais, plus de murs, plus de frontières, plus de fractures. Il faut que l’autre existe, sans quoi nous nous exposons à la violence, à l’exclusion, au rejet (…) Découvrir l’autre, vivre avec l’autre, entendre l’autre, se laisser aussi façonner par l’autre, cela ne veut pas dire perdre son identité, rejeter ses valeurs, cela veut dire concevoir une humanité plurielle, non exclusive. »

Biographies de Francesco AGNELLO et de Jean-Baptiste GERMAIN

 

Leave a reply

Your email address will not be published.